Diagnostic territorial de santé

Principaux enseignements

Dans un contexte marqué par de fortes inégalités sociales et territoriales en matière de santé au sein de la population, et consciente que la fermeture de l’hôpital Louise Michel ne serait pas sans conséquence sur l’accès aux soins des habitants du quartier, l’équipe municipale a décidé, dans la continuité du travail déjà engagé depuis le début du mandat, de réaliser un diagnostic de santé approfondi qui devait servir de base à un nouveau plan de travail pluriannuel, afin de renforcer ses actions pour la santé des habitants et soutenir les professionnels.

L’étude réalisée par l’Atelier Santé Ville a reposé sur un large travail de concertation, d’enquêtes et de rencontres auprès des habitants comme des professionnels de santé et de l’ensemble des réseaux de partenaires. Il visait à interroger notamment l’offre de santé et de soins du territoire (diversité, accessibilité), les pratiques des Courcouronnais en matière d’accès aux soins, les problématiques de santé des populations, les conditions d’exercice des professionnels de santé et leurs éventuelles difficultés, l’attractivité du territoire pour ces professionnels, ainsi que les besoins et priorités d’intervention dans ce domaine.

De ses conclusions rendues en 2012 découle un certain nombre de recommandations prioritaires sur lesquelles la Ville travaille d’ores et déjà. « Contractualisation, coordination des politiques mises en œuvre au niveau intercommunal, notamment avec Evry, pour répondre à des problématiques de santé communes, renforcement des partenariats avec les professions médicales et paramédicales… sont autant de pistes qu’il convient d’explorer si nous voulons demeurer à la hauteur des enjeux, des besoins et des problématiques qui se dessinent pour les années à venir», expose Yves Berman, premier adjoint au maire chargé de la Politique de Solidarité et du Logement.

En termes d’état et de suivi de santé, des problématiques transversales aux différentes tranches d’âge sont repérées  : un parc de logement pour partie mal isolé et des inadaptations face au vieillissement de la population, un suivi médical en deçà des besoins repérés, notamment sur les troubles du langage, les habitants privilégient le soin par rapport à la prévention, une méconnaissance des droits et un faible niveau d’information sur les risques liés aux problématiques / pathologies de santé ou les traitements existants, une méconnaissance des principales structures en matière de santé.

Offre de soins du territoire

Une offre de soins bien présente dans les deux quartiers avec des carences repérées sur les spécialités, avec des perspectives peu favorables :

  • La présence sur le territoire communal jusqu’au premier trimestre 2012, de l’hôpital Louise Michel, a induit certains comportements en matière de santé et ancré certaines habitudes de proximité chez les Courcouronnais : le recours aux urgences est un réflexe. Plus d’un foyer sur deux a fréquenté au moins une fois les urgences hospitalières en 2011.
  • Certaines spécialités ne sont ainsi pas du tout représentées sur le quartier du Canal : ophtalmologie, cardiologie…
  • L’offre de soins généraliste, l’offre de soins dentaires et en gynécologie médicale est à l’heure actuelle saturée localement.
  • Les départs en retraite des soignants prévus dans les années à venir fragilisent les secteurs repérés comme déjà déficitaires.
  • Les habitants peuvent néanmoins, dans le domaine de la santé, compter sur des acteurs nombreux installés et mobilisables sur la commune ou en grande proximité (associations, réseaux de santé, PMI, Atelier Santé Ville…).

Difficultés de suivi et d’accès aux soins

Des insuffisances de suivi médical repérées et inégales selon la tranche d’âge considérée :

  • la couverture vaccinale des petits Courcouronnais est supérieure à la moyenne départementale,
  • une faiblesse du suivi gynécologique des jeunes filles,
  • la part des jeunes (10-25 ans) qui n’a jamais consulté de dentiste reste importante,
  • des insuffisances dans le suivi de grossesse en comparaison de la moyenne départementale, accentuées par des situations de renoncement aux soins qui s’accroissent.

Tous motifs confondus, ce sont ainsi : 14% des 60 ans et plus qui sont concernés en 2011 et près de 55% des foyers courcouronnais.

Le frein financier est le plus important, suivi des délais de rendez-vous trop longs, le manque de temps, l’éloignement du lieu de consultation…

Les orientations et perspectives d’actions

Compte tenu des préoccupations en matière de santé ressorties du travail de diagnostic, ainsi que des attentes exprimées par les habitants et les professionnels, plusieurs axes de travail se dessinent :

  • soutenir les professionnels libéraux implantés sur le territoire et développer l’offre de soins
  • maintenir les initiatives et les dispositifs de prévention santé (alimentation, addictions, relations fille-garçon,…), d’éducation et de soutien à la parentalité, d’accès aux droits et aux soins
  • développer l’information et la communication auprès de la population sur les actions engagées et les acteurs ressources existants en matière de santé
  • soutenir les acteurs agissant en direction des publics en souffrance psychologique
  • mettre en place un travail partenarial autour de l’habitat/santé et adaptation logement/grand âge.

Des besoins spécifiques selon les tranches d’âge

Les jeunes enfants (moins de 10 ans) :

De jeunes enfants bien pris en charge et entourés sur le plan sanitaire, avec des problèmes spécifiques inquiétants :

  • une alimentation déstructurée et déséquilibrée, avec un apport de produits sucrés trop important,
  • des problèmes bucco-dentaires sérieux et précoces, renforcés par une hygiène insuffisante.
  • des troubles du langage et de l’expression importants chez les enfants Courcouronnais
  • des difficultés d’ordre psychologique, des troubles du comportement dès le plus jeune âge
  • des problèmes d’asthme.

Les 10-25 ans :

Des jeunes qui se disent globalement en bonne santé, dont les prises de risques et les souffrances s’accroissent.

Globalement, les jeunes se déclarent être en «parfaite santé » pour près de 42%, avec des variations selon la tranche d’âge considérée.

Toutefois, les professionnels interrogés font état de nombreuses problématiques de santé chez les 10-25 qui, si elles ne sont pas spécifiques à Courcouronnes, n’en sont pas moins préoccupantes :

  • des souffrances psychologiques
  • des conduites à risques en matière de sexualité et d’addictions (alcool, tabac, chicha, drogues)
  • une alimentation déséquilibrée/ déstructurée
  • des phénomènes récents qui s’accentuent cyberdépendance et jeux dangereux

La population adulte :

Une population dont les situations précaires intensifient les problèmes de santé :

  • Courcouronnes est une ville où le taux de mortalité est plus faible qu’en Essonne et où l’espérance de vie est semblable pour les femmes (85 ans) et plus élevée pour les hommes (82 ans contre 79 ans).
  • des problèmes de santé chroniques repérés (diabète, hypertension…)
  • des phénomènes en augmentation de souffrances psychologiques, dépressions, troubles psychiatriques…

Les seniors (60 ans et plus) :

Une population globalement en bonne santé et « active » mais qui n’est toutefois pas épargnée par les difficultés de santé :

  • des problèmes de santé chroniques de type diabète et cholestérol (10%), hypertension, problèmes cardiaques et articulaires
  • le phénomène de vieillissement va parfois de pair avec le phénomène d’isolement, le manque d’hygiène alimentaire et d’exercice.
  • des seniors particulièrement fragiles en raison de leur situation précaire

>> En savoir plus : télécharger la synthèse du diagnostic territorial de santé

Offre de soins

>> Télécharger la carte des professionnels de santé à Courcouronnes